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Des résultats plus complexes qu’il n’y paraît et un sujet d’inquiétude pour la démocratie.
Les élections régionales qui se déroulent en métropole et dans les DOM ne concernent pas directement l’archipel mais nous sommes cependant intéressés ne serait-ce que par les conséquences qu’elles pourront avoir.
A première vue, le premier tour de ces élections régionales se solde par un net revers pour les listes de la majorité présidentielle.
Avec 29,5 % des voix, le Parti Socialiste et ses alliés devancent l’UMP qui ne recueille que 26,2 % des suffrages.
Par ailleurs, les « réserves de voix » de la gauche apparaissent importantes puisque les listes d’Europe Ecologie totalisent 12,5 % des voix et celles du Front de gauche 5,9 %.
Ce constat doit cependant être tempéré sur plusieurs points : - Tout d’abord il faut rappeler que les élections régionales ont rarement été favorables aux gouvernements en place : en 1986 et 1992, la droite avait remporté 20 régions sur 22. En 2004, par un phénomène inverse, la gauche l’avait emporté dans 20 régions de métropole….Toutes les régions sauf l’Alsace et la Corse étaient alors passées à gauche. Mais cela n’a pas empêché Nicolas Sarkozy d’être élu quelques années après !
- Ensuite, la physionomie des listes en présence était très différente entre 2004 et aujourd’hui. En 2004, le PS allié au PC et aux écologistes avait totalisé 39,11 % des voix au premier tour tandis que l’UMP, alliée à l’UDF recueillait 33, 73 % des voix. En 2010, les écologistes se sont présentés seuls tandis que le MODEM de M Bayrou, héritier de l’UDF, est passé à l’opposition….
- Enfin l’éclatement en un très grand nombre de listes, dont certaines se maintiendront, risque de réserver quelques surprises pour le second tour. On sait ainsi que le Front National, qui recueille 11,7 % des voix se maintiendra dans 12 régions, souvent au détriment des listes UMP il est vrai. De leur côté les écologistes, en pleines tractations avec le PS, sont en passe de négocier une fusion de leurs listes… et quelques sièges, au détriment des idées qu’ils ont défendu au premier tour…. Leurs électeurs s’y retrouveront-ils toujours ?
Mais, par delà ces calculs arithmétiques la grande perdante de ces élections aura été la Démocratie. En 2010, le taux de participation recule de près de 15 points par rapport à 2004 : plus de 53 % des électeurs ne se sont pas déplacés aux urnes….. Les « ténors » des différents partis ont évoqué de multiples raisons pour tenter d’expliquer ce phénomène mais, pour ma part, j’en retiendrai deux : - La Région est sans doute une collectivité locale qui apparaît éloignée des préoccupations de français. On sait ce que fait un maire ou un député, rarement ce que fait un président de conseil régional…raison de plus, sans doute, pour réfléchir à une réforme de nos collectivités. Soit dit en passant, dans ces conditions, le « vote sanction » prôné par l’opposition prend toute son importance…
- Il y a indéniablement une perte de crédibilité des partis traditionnels et, par delà les « cocoricos » du PS, cela doit interpeller toutes les formations politiques : beaucoup de nos concitoyens doutent que leurs problème soient résolus, quels que soit les équipes qui seront élues…. La politique du gouvernement est critiquée, c’est vrai, mais le projet du PS (fait surtout de « contre ») est-il pour autant crédible ? Martine Aubry séduit-elle les français ? Après tout, dans les pays où ils sont au pouvoir, comme en Grèce, les socialistes ne mènent pas une politique particulièrement sociale. En Grèce, l’une des dernières mesures adoptées a été la baisse du salaire des fonctionnaires… Du coup, des partis extrêmes, comme le Front National, retrouvent une nouvelle jeunesse et là réside un vrai danger pour la démocratie. A ne pas savoir convaincre, on fait le jeu de l’extrémisme et cela doit nous interroger collectivement.
C’est pourquoi, il est important que les électeurs se mobilisent pour le second tour, il y va en premier de la légitimité des futurs conseils régionaux qui seront élus.
Ensuite il est important que le débat d’idées retrouve sa place et sorte du cadre où le PS veut enfermer ces élections : souhaitons que les électeurs votent avant tout pour un projet et des propositions et non simplement pour exprimer un mécontentement.
François Zimmermann |
Commentaires
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Lors de l'élection de Sarkozy, n'y as t'il pas eu une bonne part des voix du FN qui aurait voté pour lui? Si je ne m'abuse, cela aurais été le cas, et vu le chaos au PS a l'époque, c'est aussi grace a cela qu'il aurait été élu.
Certes, le PS n'est pas forcément le bon choix, mais je pense que l'UMP ne l'est plus non plus (voire ne l'as jamais été?), comme peuvent le montrer tout les déserteurs qui l'ont soutenu lors des présidentielles , et qui retournent désormais chez eux (au FN comme ailleurs) Reply | Citer | Citer
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